ElectroDesignForgeElectroDesignForge
Normes et sécuritéPuissance et énergie

Catégories de surtension CAT I à CAT IV

Comprendre les catégories de surtension CAT I à CAT IV, les surtensions transitoires attendues et leur impact sur l’isolation, les distances et le choix des équipements.

Rédaction et revue techniqueElectroDesignForge Engineering Team

Voir le processus éditorial

📖 En bref

Les catégories de surtension indiquent le niveau de surtension transitoire auquel un circuit peut être exposé dans une installation basse tension. De CAT I (circuits fortement protégés) à CAT IV (origine de l’installation et réseau extérieur), l’énergie et l’amplitude des impulsions attendues augmentent. Elles servent à définir l’isolation, les distances et le niveau de tenue des équipements ; elles ne donnent ni la tension de fonctionnement, ni l’indice IP, ni la classe de protection contre les chocs.


À quoi servent les catégories de surtension ?

Les manœuvres de charges inductives, les défauts du réseau et la foudre peuvent injecter des impulsions très brèves dans une installation. Une alimentation peut fonctionner à 230 V efficaces tout en subissant, pendant quelques microsecondes, une crête de plusieurs kilovolts.

La catégorie de surtension — aussi appelée overvoltage category ou OVC — décrit l’environnement électrique d’un circuit et donc la sévérité des transitoires auxquels son isolation doit résister. Elle est notamment utilisée par la série IEC 60664 pour la coordination de l’isolement et par des normes produit telles qu’IEC 61010 pour les équipements de mesure.

Elle permet de répondre à cette question : à quelle portion de l’installation cet équipement est-il raccordé ? Plus on se rapproche de l’arrivée d’énergie, plus la catégorie est élevée.

CatégorieEmplacement typiqueExposition aux transitoiresExemples
CAT ICircuit où les surtensions sont limitéesFaibleÉlectronique alimentée par une alimentation isolée ou une protection dédiée
CAT IICircuits d’utilisation alimentés par priseModéréeAppareil électroménager, outil portable, chargeur branché sur une prise
CAT IIIDistribution fixe d’un bâtimentÉlevéeTableau, disjoncteur, câblage fixe, moteur ou machine raccordé en permanence
CAT IVOrigine de l’installation et réseau extérieurTrès élevéeCompteur, arrivée de service, ligne aérienne, équipement au point de raccordement

CAT I : circuits dont les transitoires sont maîtrisés

La CAT I concerne les circuits pour lesquels des mesures limitent les surtensions transitoires à un niveau faible. Il peut s’agir d’une électronique située derrière une alimentation isolée, un transformateur, un filtre ou un dispositif de protection adapté.

CAT I ne signifie pas « sans danger » : la tension de service, l’énergie disponible, les défauts internes et les exigences de la norme produit restent à traiter. Cela signifie seulement que le circuit n’est pas supposé recevoir directement les surtensions présentes sur l’installation de bâtiment.

Exemples prudents :

  • entrée basse tension SELV d’une carte alimentée par un bloc secteur conforme ;
  • électronique secondaire derrière une séparation isolée correctement conçue ;
  • circuit de signal doté d’une protection transitoire dont le niveau est établi pour son environnement.

Une carte reliée par un long câble à l’extérieur, à un moteur ou à une ligne de communication n’est pas automatiquement CAT I : le câble peut importer des surtensions et doit être analysé avec son interface de protection.


CAT II : équipements alimentés par prise

La CAT II couvre les circuits d’utilisation raccordés au réseau par une prise, une fiche ou un cordon. Ces équipements restent exposés aux manœuvres qui se propagent depuis l’installation, mais se trouvent après la distribution fixe du bâtiment.

On y rencontre par exemple les appareils ménagers, les outils portatifs, les chargeurs et de nombreux instruments branchés à une prise murale. Pour un instrument de mesure, un marquage CAT II définit la partie de l’installation sur laquelle ses entrées peuvent être utilisées dans les conditions indiquées par son fabricant.

Le fait d’employer une fiche secteur ne suffit pas à conclure à CAT II : une norme produit peut définir autrement les limites, et l’ensemble du chemin d’alimentation — cordon, multiprise, protection et installation — doit rester compatible avec l’usage prévu.


CAT III : distribution fixe et charges raccordées en permanence

La CAT III s’applique à la distribution fixe d’un bâtiment et aux équipements directement reliés à cette distribution. Les transitoires sont plus sévères que sur une prise d’utilisation, car les conducteurs sont plus proches des sources de perturbation et de l’énergie disponible.

Exemples courants :

  • tableaux de distribution, disjoncteurs et départs de circuits ;
  • câblage fixe, boîtes de jonction et prises industrielles ;
  • moteurs, pompes, machines et éclairage raccordés de façon permanente ;
  • bornes situées en aval d’un tableau dans une installation de bâtiment.

Un multimètre CAT III ne devient pas apte à une mesure CAT IV parce que ses pointes atteignent physiquement l’arrivée : la catégorie indiquée par le fabricant doit couvrir le point réel de mesure, avec la tension nominale, les fusibles et les accessoires associés.


CAT IV : origine de l’installation et réseaux extérieurs

La CAT IV décrit l’environnement le plus exposé : le point d’origine de l’installation basse tension et les conducteurs qui peuvent être directement influencés par le réseau extérieur. Les transitoires y sont les plus énergétiques et demandent le niveau de tenue le plus élevé.

Les emplacements concernés incluent généralement :

  • l’entrée de service et le point de raccordement au réseau ;
  • le compteur et les conducteurs entre compteur et tableau principal ;
  • les lignes aériennes, câbles extérieurs et certains départs vers des bâtiments annexes ;
  • les équipements de protection ou de mesure placés à cette origine.

CAT IV n’est pas un qualificatif marketing interchangeable : il doit être porté par l’équipement complet, ses cordons et ses accessoires, pour une tension nominale précise et selon la norme qui s’applique.


Ordres de grandeur pour un réseau 230/400 V

La coordination de l’isolement utilise des tensions de choc normalisées. Pour une installation courante 230/400 V, les valeurs ci-dessous sont un repère fréquemment rencontré pour la tension assignée de tenue aux chocs ; la table exacte dépend du système, de la tension assignée, de la norme produit et de l’édition applicable.

CatégorieTension de choc indicativeLecture pratique
CAT I1,5 kVÉlectronique protégée, non directement exposée à l’installation
CAT II2,5 kVÉquipement branché sur prise
CAT III4 kVDistribution fixe et charges permanentes
CAT IV6 kVOrigine de l’installation et réseau extérieur

Ces chiffres ne remplacent pas la table de la norme applicable. Une même tension de réseau peut relever de plusieurs catégories selon l’endroit où le circuit est installé. À l’inverse, une catégorie ne donne pas à elle seule les distances à utiliser : le degré de pollution, le matériau isolant, l’altitude, la tension de service et la topologie entrent aussi en jeu.


Catégorie de surtension, tension nominale et degré de pollution

Trois paramètres sont souvent confondus alors qu’ils décrivent des phénomènes différents.

ParamètreCe qu’il caractériseConséquence de conception
Tension nominale / de serviceNiveau continu ou alternatif attendu en fonctionnementContraintes de fonctionnement, composants et tension d’isolement de base
Catégorie de surtensionSévérité des impulsions transitoires venant du réseauTension de choc à supporter et distances dans l’air (clearances)
Degré de pollutionContamination susceptible de rendre une surface isolante conductriceLignes de fuite (creepage distances) et choix des matériaux

Par exemple, un équipement CAT III à 230 V dans un environnement pollué peut exiger une construction d’isolement bien plus contraignante qu’un circuit CAT I de même tension nominale dans un boîtier propre et protégé.

L’altitude compte également : l’air s’ionise plus facilement en altitude, ce qui peut imposer d’augmenter les distances dans l’air. La norme applicable fixe les règles de correction et les conditions d’essai.


Conséquences pour le choix d’un appareil de mesure

Les marquages de catégorie sur les multimètres, pinces et sondes sont particulièrement importants. Lisez-les toujours avec la tension maximale annoncée : « CAT III 600 V » et « CAT III 1 000 V » ne décrivent pas le même emploi autorisé.

Avant une mesure :

  1. Identifiez le point de l’installation : prise, tableau, arrivée de service ou circuit secondaire isolé.
  2. Choisissez un appareil dont la catégorie est au moins égale à celle du point de mesure, pour la tension concernée.
  3. Vérifiez que les cordons, sondes, pinces et fusibles ont des caractéristiques compatibles ; l’accessoire le moins bien classé limite l’ensemble.
  4. Inspectez les isolants, les protections de doigts, les pointes et le cordon avant utilisation.
  5. Respectez la procédure de mesure et les équipements de protection prévus par les règles locales et l’évaluation des risques.

Ne mesurez pas au tableau ou à l’arrivée de service avec un appareil uniquement destiné aux prises ou aux circuits électroniques. Une mauvaise catégorie peut exposer l’opérateur à un arc électrique, des projections et une énergie de défaut que le boîtier, les fusibles ou les sondes ne sont pas conçus pour contenir.


Conséquences pour une conception électronique

La catégorie choisie doit être décidée dès l’architecture du produit, pas ajoutée après le routage du PCB.

  • Déterminez le point de raccordement réel de l’équipement dans l’installation et les câbles qui peuvent importer des surtensions.
  • Identifiez la norme produit applicable avant de choisir l’isolateur, le transformateur, le connecteur ou les distances PCB.
  • Coordonnez les protections contre les surtensions : fusibles, varistances, éclateurs, TVS et filtre doivent être dimensionnés avec leur énergie, leur tension résiduelle et leur comportement en défaut.
  • Vérifiez les distances dans l’air, les lignes de fuite, les fentes, le matériau du circuit imprimé et les règles d’altitude définies par la norme.
  • Évaluez le produit complet : une TVS seule ne transforme pas un circuit CAT II en CAT III si l’isolation, le boîtier, les connecteurs et les essais ne suivent pas.

Les dispositifs de protection limitent une surtension, mais possèdent une tension résiduelle et une capacité d’absorption finie. Leur sélection demande de vérifier à la fois le scénario d’impulsion et les conditions normales de réseau, y compris les surtensions temporaires.


Erreurs fréquentes

ErreurPourquoi elle est dangereuse ou inexacteBonne pratique
« CAT IV est toujours meilleur que CAT II. »La catégorie n’a de sens qu’avec la tension, la norme, l’appareil complet et l’usage réel.Choisir la catégorie adaptée au point de raccordement.
Confondre CAT et classe de protection I/II/IIIElles ne traitent pas le même risque.Distinguer surtensions transitoires, protection contre les chocs et IP.
Déduire CAT I d’une basse tensionUn câble externe peut amener des surtensions dans un circuit basse tension.Analyser les interfaces et le chemin des câbles.
Utiliser des sondes moins bien classées que le multimètreLa sécurité de l’ensemble est limitée par l’accessoire le plus faible.Vérifier les marquages de tous les éléments.
Dimensionner les distances uniquement avec la tension RMSLes impulsions et le degré de pollution influencent l’isolation.Appliquer les tables de la norme produit et d’IEC 60664.

Checklist rapide

  1. Localisez le circuit dans l’installation : protégé, prise, distribution fixe ou arrivée de réseau.
  2. Retenez la catégorie correspondante de CAT I à CAT IV, sans oublier les câbles externes.
  3. Associez-la à la tension nominale exacte et au degré de pollution de l’environnement.
  4. Pour un appareil de mesure, contrôlez l’appareil, les sondes, les cordons et les fusibles.
  5. Pour un produit, appliquez la norme de sécurité produit avant de finaliser le PCB et le boîtier.
  6. Faites vérifier et tester toute conception ou intervention sur le secteur par une personne qualifiée.

Références associées


Bibliographie